Le système des pensionnats est plus qu’une simple « période sombre de l’histoire du Canada »

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Cette pièce à la première personne est de Robert Doucette, l’ancien président de la Métis Nation — Saskatchewan.

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AVERTISSEMENT : cette histoire contient des détails que certains lecteurs peuvent trouver pénibles.

Le passé rattrape le présent. Il offre aux Canadiens non autochtones un aperçu de ce que leur pays a fait aux Canadiens autochtones dans le passé et fait encore aujourd’hui.

La découverte de ce que l’on croit être les restes de centaines d’enfants dans un ancien pensionnat de Kamloops est un exemple de la brutalité que la religion organisée et les gouvernements fédéral et provincial du Canada ont infligée à nos enfants. Les parties susmentionnées ont largement gardé le silence à ce sujet, espéraient que personne ne trouverait les tombes et priaient pour que le problème disparaisse.

Dans les communautés autochtones, il y avait des conversations feutrées sur ce qui aurait pu arriver à nos enfants disparus. Dans le nord-ouest de la Saskatchewan, par exemple, nos aînés ont dit que des squelettes de bébés avaient été trouvés dans les murs du pensionnat indien de Beauval lorsqu’ils l’ont démoli. De même, le cimetière de l’école industrielle de Regina contient nos enfants.

Ces exemples ne sont que la pointe de l’iceberg. L’iceberg plein, qui signifie qu’il s’agissait d’un génocide, flotte à l’horizon. Les Canadiens ne sont pas prêts pour ce qui s’en vient.

Il y aura plus

Il semble clair que les gouvernements coloniaux et l’Église ont compris que pour vraiment écraser un peuple, il suffit de détruire sa famille en prenant ses enfants. Les enfants autochtones ont été emmenés pendant des générations dans les pensionnats, les externats et le Sixties Scoop. Au cours de ces phases de colonisation, nos enfants ont été agressés physiquement et sexuellement, maltraités mentalement et assassinés, soit par négligence, soit par meurtre pur et simple.

Regina Haasjes et son petit-fils Marcus, 3 ans, de la Première nation Tla-O-Qui-Aht, rendent hommage mardi sous les marches devant l’Assemblée législative de la Colombie-Britannique à Victoria. (Tchad Hipolito/La Presse Canadienne)

Soyez assurés qu’à mesure que ce dossier avancera, des milliers d’autres tombes d’enfants autochtones seront découvertes partout au Canada.

Quelles sont les réponses des représentants du gouvernement et des religions organisées en cette ère de réconciliation ? Les fonctionnaires fédéraux sont surpris et nourrissent la même rhétorique et les mêmes lignes qu’ils utilisent depuis des années jusqu’à la nausée. « C’est une période sombre de l’histoire du Canada.

Je demande à tous les Canadiens, ne chercheriez-vous pas justice si cela arrivait à vos enfants? Si le Canada et d’autres gouvernements du monde recherchent et poursuivent activement les personnes qui assassinent des populations autochtones dans d’autres pays, pourquoi les gouvernements fédéral et provinciaux ne font-ils pas de même envers les personnes ou les organisations qui ont maltraité, blessé ou même assassiné des enfants autochtones ici ?

Les systèmes judiciaires refusent la justice

J’ai presque 60 ans maintenant, un Survivant du Scoop des années 60. Ma femme est une survivante des écoles de jour et des pensionnats indiens et ses parents étaient également des survivants des pensionnats indiens. Chaque jour, nous voyons et expérimentons comment les Canadiens autochtones revivent les moments de cruauté mentale, d’abus sexuel et physique, et traumatisme intergénérationnel qui est venu avec la séparation de leurs familles.

En tant que survivante métisse des 60 scoops, je sais comment fonctionne la réconciliation au Canada. À ce jour, alors que nos relations avec les Premières nations et les Inuits ont conclu une entente pour la rafle des années 60, les gouvernements fédéral et provincial continuent de nier toute implication dans l’enlèvement d’enfants métis. Cette absence de cette reconnaissance traumatise à nouveau les survivants métis.

Les gouvernements offrent des excuses et utilisent leurs systèmes de justice pour refuser aux survivants métis un accord de règlement et, plus important encore, la justice.

Je ne blâme pas la génération actuelle de Canadiens pour ce qui s’est passé. Mais je demande, comment pouvez-vous continuer à soutenir les gouvernements actuels qui ont maintenant emmené plus d’enfants autochtones dans les services sociaux que pendant toute la rafle des années 60 ?

Un groupe de femmes se donne la main lors d’une veillée de prière sur le terrain de l’ancien pensionnat indien Muskowekwan en Saskatchewan. (Mickey Djuric/CBC)

Nous pouvons trouver de nouveaux chemins

Je demande aux Canadiens d’ouvrir leur esprit à l’idée que les institutions canadiennes telles que le système d’éducation, le système de justice, les services sociaux et le système de santé sont intrinsèquement racistes contre les Canadiens autochtones.

Vous n’avez pas besoin d’être un leader officiel pour être un leader sur une question. Il m’a fallu 60 ans pour comprendre ce simple fait. D’une manière ou d’une autre, nous sommes tous des leaders dans nos familles, nos villes ou notre pays. Ensemble, nous pouvons faire un changement.

Je vous demande combien d’autres Canadiens autochtones doivent mourir ou être retrouvés dans des tombes avant que ce pays ne s’attaque aux problèmes de racisme?

Nous devons être guidés par le respect et l’amour les uns pour les autres. Grâce aux valeurs autochtones des modes d’être relationnels, nous pouvons trouver de nouvelles voies pour concilier nos problèmes.

Un soutien est disponible pour toute personne touchée par son expérience dans les pensionnats et pour celles qui sont déclenchées par les derniers rapports.

Une ligne d’écoute téléphonique nationale pour les pensionnats indiens a été mise en place pour fournir un soutien aux anciens élèves et aux personnes touchées. Les gens peuvent accéder à des services d’aiguillage émotionnel et de crise en appelant la ligne de crise nationale 24 heures sur 24 : 1-866-925-4419.


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